Santo : la CNDDR appelle au respect des droits humains et à un meilleur contrôle des armes

Face à la dégradation de la situation sécuritaire à Santo, dans la commune de Croix-des-Bouquets, la Commission nationale de démantèlement, de désarmement et de réinsertion (CNDDR) insiste sur la protection des civils et la gestion rigoureuse des armes récupérées lors des opérations de sécurité.

Les violences qui secouent Santo depuis le 18 octobre 2026 suscitent l’inquiétude de la Commission nationale de démantèlement, de désarmement et de réinsertion (CNDDR). Dans une note de presse publiée le 24 octobre, l’institution alerte sur les déplacements forcés provoqués par les affrontements et les dangers auxquels la population locale est exposée.

Pour la Commission, la conduite des opérations de sécurité doit s’inscrire dans le respect des droits humains. « La protection des civils et le respect des droits humains doivent guider toutes les interventions de sécurité », rappelle-t-elle, en référence à l’article 19 de la Constitution haïtienne de 1987, qui garantit le droit à la vie et à l’intégrité physique

La CNDDR invoque également l’article 13, alinéa 3, du Protocole additionnel II aux Conventions de Genève, qui prévoit la protection générale de la population civile contre les dangers résultant des opérations militaires.

La traçabilité des armes au centre des recommandations

La Commission attire par ailleurs l’attention sur le sort des armes et des munitions saisies ou récupérées pendant les opérations. Elle demande aux forces engagées sur le terrain de sécuriser ces matériels, d’en dresser l’inventaire et de les remettre aux autorités nationales compétentes.

Cette remise doit s’effectuer en coordination avec les autorités judiciaires et les mécanismes de suivi concernés. La démarche vise à encadrer la gestion des armes récupérées et à garantir leur prise en charge par les institutions habilitées.

La note ne précise toutefois ni le nombre d’armes concernées ni les éventuelles saisies déjà réalisées à Santo. Elle ne fournit cependant aucuns détails sur les modalités pratiques de transfert des matériels aux autorités.

Le dialogue et la cohésion sociale comme perspectives

Au-delà des mesures liées aux opérations de sécurité, la CNDDR réaffirme son engagement en faveur du désarmement, du dialogue et de la cohésion sociale.

« Le rétablissement durable de la paix en Haïti exige une action concertée, transparente, responsable et respectueuse des droits humains », souligne la note.

Alors que les affrontements fragilisent les communautés et contraignent des habitants à abandonner leur domicile, la Commission met ainsi en avant deux priorités complémentaires : la protection des personnes et le contrôle des armes récupérées.

Marc-Kerley FONTAL

marckerleyfontal@gmail.com

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