Alors que 89 % des personnes vivant avec le VIH en Haïti reçoivent un traitement antirétroviral, la Fédération haïtienne des associations de médias et de journalistes pour la défense des droits humains (FHAMEJOUDDH) alerte sur les risques pesant sur la continuité des soins. Dans un communiqué publié le 26 octobre 2026, elle appelle au maintien de l’engagement de l’ONUSIDA face aux difficultés d’accès aux services de santé et à la réduction des financements internationaux.

Les violences armées, les déplacements forcés et les obstacles à l’accès aux structures sanitaires compliquent la prise en charge des personnes vivant avec le VIH (PVVIH). Ces difficultés augmentent le risque d’interruption des traitements antirétroviraux et fragilisent le suivi médical, notamment pour les populations les plus vulnérables. Les femmes, les filles et les personnes exposées aux violences basées sur le genre sont particulièrement concernées. La stigmatisation et la discrimination constituent également des obstacles à l’accès aux soins.
Des résultats encore en deçà des objectifs
Selon les données de 2025 citées dans le communiqué, 96 % des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique, 89 % reçoivent un traitement antirétroviral et 87 % présentent une charge virale indétectable. Ces résultats témoignent des avancées de la riposte nationale, mais restent en deçà des objectifs internationaux des « trois 95 ». Cette stratégie vise à ce que 95 % des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut, que 95 % des personnes diagnostiquées reçoivent un traitement et que 95 % des personnes sous traitement atteignent une suppression virale. Les chiffres disponibles montrent qu’Haïti n’a atteint aucun de ces trois objectifs.
La poursuite des progrès dépend notamment de la disponibilité des médicaments, de la régularité du suivi médical et de l’accès aux services de prévention. Or, les difficultés du système de santé et la diminution des ressources consacrées à la lutte contre le VIH risquent de compromettre ces efforts.
Le financement et la coordination au cœur des inquiétudes

La FHAMEJOUDDH estime que la réduction des financements internationaux représente une menace supplémentaire pour la continuité des programmes. Dans un contexte où les besoins sanitaires restent importants, une diminution des ressources peut fragiliser les services destinés aux personnes vivant avec le VIH et limiter les capacités d’intervention des acteurs concernés.
La Fédération souligne le rôle de l’agence onusienne dans la coordination des interventions, la mobilisation des partenaires et le plaidoyer en faveur des droits des patients. Elle considère que le maintien de cet engagement est nécessaire pour soutenir les efforts nationaux et promouvoir une réponse fondée sur les droits humains, l’équité et la non-discrimination. « En situation d’urgence humanitaire, la lutte contre le VIH doit demeurer une priorité », rappelle-t-elle.
Un appel aux autorités et aux partenaires
La FHAMEJOUDDH annonce sa disponibilité à mener des actions de plaidoyer auprès des autorités nationales, des partenaires techniques et financiers, des organisations de la société civile et des médias. Ainsi elle entend contribuer à la défense des acquis sanitaires et à la continuité des services de prévention et de traitement. Car, la lutte contre le VIH ne saurait être reléguée au second plan par l’urgence humanitaire, au risque de compromettre les progrès sanitaires et les droits des personnes concernées.
Crédit photo : RHJS, « Journée zéro discrimination 2024 », 1er mars 2024
Marc-Kerley FONTAL