Trente-quatre jeunes femmes et filles ont reçu chacune un appui de 300 dollars américains pour lancer ou renforcer une activité génératrice de revenus. Elles font partie des 200 bénéficiaires d’un programme de formation et d’accompagnement mis en œuvre par l’Organisation de Développement et de Lutte contre la Pauvreté (ODELPA) dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, avec l’appui financier d’ONU Femmes Haïti, à travers le projet Impact-3 du Women’s Peace and Humanitarian Fund (WPHF).

Delmas, le 9 septembre 2026. Après plusieurs semaines de formation, les bénéficiaires passent désormais à une nouvelle étape: la mise en pratique de leurs projets. En juillet 2026, 34 d’entre elles ont ainsi reçu chacune une subvention de 300 dollars américains destinée à lancer ou à renforcer une activité économique.
Les projets retenus sont variés. Transformation agricole, pâtisserie, vente de produits de consommation ou encore commercialisation de formations en ligne : les initiatives reflètent à la fois les compétences acquises au cours du programme et les ambitions personnelles des bénéficiaires.
La sélection des projets a été réalisée par un jury composé de représentants de la société civile. Pour Dominique St-Vil, responsable du jury, cette étape ne consiste pas uniquement à identifier les projets susceptibles de bénéficier du financement. Elle doit surtout contribuer à accompagner les jeunes femmes dans la concrétisation de leurs initiatives.
« Les projets ont été examinés avec attention afin d’identifier ceux qui présentent les meilleures possibilités de réalisation. L’objectif est surtout d’aider ces jeunes femmes à passer de leurs idées à des activités concrètes », a expliqué Dominique.

Cette sélection intervient après plusieurs sessions consacrées notamment au marketing digital, aux technologies de l’information, à l’élaboration de plans d’affaires, aux droits humains et à la prévention des violences basées sur le genre.
Pour Magdala Nachenjie Saint-Lot, le financement arrive donc comme une occasion de donner une nouvelle dimension à une activité qu’elle connaît déjà. « Cet appui va me permettre de développer mon activité, mais aussi de mieux organiser sa gestion. Je veux profiter de cette opportunité pour faire grandir ce que j’ai déjà commencé », a déclaré la lauréate.
Son ambition illustre l’un des objectifs de cette phase du programme : transformer les compétences acquises pendant la formation en activités économiques capables de générer des revenus.
Mais toutes les bénéficiaires ne choisissent pas nécessairement de renforcer une activité existante. Certaines misent sur de nouveaux secteurs, notamment l’économie numérique.
C’est le cas d’une autre bénéficiaire qui souhaite valoriser les formations en ligne qu’elle a déjà suivies et en faire une nouvelle source de revenus. Pour elle, les apprentissages reçus ont également permis de mieux comprendre les exigences liées à la gestion d’une activité économique.
« J’ai compris qu’avoir une activité ne suffit pas. Il faut savoir la gérer, connaître ses dépenses, organiser son travail et surtout réfléchir à la manière de trouver des clients », a-t-elle souligné.

Cette volonté de se lancer dans l’économie numérique est également partagée par Dorcas. Après avoir suivi les cinq jours de formation, elle entend à son tour proposer des formations en ligne.
« Je veux utiliser ce que j’ai appris pour commencer à commercialiser des formations en ligne. C’est une nouvelle possibilité pour moi de créer une activité et de générer des revenus », a expliqué Dorcas.
Au-delà de la diversité des projets, une même préoccupation revient chez les bénéficiaires : comment transformer l’appui reçu en une activité durable ?
Pour les organisations impliquées dans le programme, la remise des fonds ne constitue donc pas la fin du processus. Elle marque plutôt le début d’une phase qui nécessitera un accompagnement de proximité.
John Joseph, directeur exécutif du Centre de Débats, de Recherches et de Formation, insiste notamment sur l’importance du suivi après le décaissement des fonds.
« Le financement est un premier pas. Il faut maintenant accompagner les bénéficiaires dans la mise en œuvre de leurs projets et les aider à faire face aux difficultés qu’elles peuvent rencontrer au démarrage », a-t-il déclaré.
Cet accompagnement devra notamment porter sur la gestion des ressources, l’organisation des activités et les difficultés auxquelles les jeunes entrepreneures peuvent être confrontées dans les premiers mois.
« Nous devons rester à leurs côtés, parce que certaines difficultés apparaissent seulement lorsqu’on commence réellement l’activité. Le suivi est donc essentiel pour augmenter les chances de réussite », a ajouté John Joseph.
La gestion responsable des 300 dollars reçus apparaît ainsi comme un autre facteur déterminant. Pour Augusta, la réussite d’un projet ne dépend pas uniquement du montant investi, mais surtout de la capacité de chaque bénéficiaire à utiliser progressivement ses ressources.
« Il faut commencer à petite échelle, bien gérer les revenus et essayer de réinvestir une partie des bénéfices. C’est comme cela que l’activité peut progressivement grandir », a conseillé Augusta.
Cette approche renvoie à une ambition plus large du programme : faire de l’appui économique un outil d’autonomisation. Pour les bénéficiaires, disposer d’une activité et de revenus peut contribuer à réduire certaines situations de dépendance et à renforcer leur capacité à prendre des décisions pour leur avenir.
Augusta insiste également sur cette dimension. « Quand une femme a une activité qui lui permet de gagner ses propres revenus, elle a davantage de possibilités de faire des choix pour elle-même et pour son avenir », a-t-elle souligné.

De la formation au financement, le parcours proposé par l’ODELPA cherche ainsi à rapprocher les jeunes femmes de l’autonomie économique. Les 300 dollars reçus par chacune des 34 bénéficiaires ne constituent donc pas l’aboutissement du processus.
Ils représentent un point de départ. Désormais, chacune devra transformer son projet en activité concrète, gérer ses ressources, développer sa clientèle et, surtout, faire vivre son initiative dans le temps. Le véritable impact de cet accompagnement se mesurera ainsi dans la capacité de ces jeunes femmes à faire grandir leurs activités et à en tirer une autonomie durable.
Marc-Kerley FONTAL

Poster un Commentaire