ODELPA accompagne 25 jeunes vers l’autonomie économique

Des sourires, des applaudissements et une certaine ambiance festive dans la salle. Dans les locaux d’ODELPA, à Delmas 54, l’atmosphère était chargée d’émotion lors de la cérémonie de remise de financements à 25 jeunes issus de quartiers sensibles de l’aire métropolitaine de Port-au-Prince, ce vendredi 21 août 2026.  Chacun d’eux repart avec 200 dollars américains pour lancer ou renforcer une activité génératrice de revenus.

Derrière ces enveloppes remises au cours de la cérémonie, c’est surtout un parcours de formation et de sélection qui arrive à son terme. L’initiative est portée par l’Organisation de développement et de lutte contre la pauvreté (ODELPA), avec le soutien technique et financier du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), dans le cadre du projet de sensibilisation, d’éducation, d’appui psychosocial et de renforcement économique des jeunes.

Ouvrant la cérémonie, la présidente de l’ODELPA, Ficeline Rateau, a salué la capacité des jeunes à se démarquer au terme d’un processus de 6 mois, de janvier à juin 2026. Mais, à ses yeux, cette sélection n’est qu’un premier pas. Le véritable défi commence maintenant, avec la manière dont chacun saura transformer les 200 dollars reçus en une activité capable d’améliorer ses conditions de vie, celles de sa famille et de sa communauté.

Elle souhaite ainsi que les bénéficiaires reproduisent, dans la gestion de ces fonds, la même détermination qui leur a permis de se distinguer parmi les candidats. L’objectif, souligne-t-elle, est de voir cette opportunité contribuer à l’amélioration de leurs conditions de vie, mais également de celles de leurs familles et de leurs communautés.

Avant d’arriver à cette cérémonie, les jeunes ont dû franchir plusieurs étapes. Au total, 80 participants ont pris part au processus. Cinquante d’entre eux ont été formés notamment sur les violences basées sur le genre (VBG) et l’élaboration de plans d’affaires, tandis que 20 autres ont suivi une formation en coupe et couture.

Une formation qui ne devait pas rester théorique. À l’issue de celle-ci, chaque participant devait imaginer une activité génératrice de revenus destinée à être mise en œuvre dans sa communauté.

Les projets ont ensuite été soumis à l’appréciation d’un jury de trois membres issus notamment des partenaires financiers et de la société civile, avec la participation d’un représentant neutre d’ODELPA. Au terme de cette évaluation, 25 jeunes ont été retenus parmi les 80 participants.

Pour Robens Doly, psychologue, le choix s’est fait sur la base de critères précis.

« Le tri est fait sur la base de la performance, de l’excellence, les participants ayant eu de meilleures cotations. C’était un travail transparent, professionnel et non partisan », explique-t-il.

Selon lui, leur présence à cette cérémonie témoigne déjà de leur dynamisme, de leur assiduité et de leur capacité à mettre en pratique les connaissances acquises pendant les sessions de formation. Mais il prévient : avoir été sélectionné ne constitue pas l’aboutissement du processus.

« Vous avez une responsabilité avec vous-même, particulièrement une responsabilité à sortir de la précarité dans laquelle vous vous trouvez actuellement. Vous aviez fait la différence, mais la grande différence se fera sur le terrain, sur la façon dont vous allez mettre en œuvre votre plan de marketing », insiste le psychologue.

Une fois la sélection faite, reste désormais à transformer cette distinction en résultats concrets. Pour Gary Coquillo, directeur de projets à ODELPA et économiste, l’élaboration du plan d’affaires a justement permis aux jeunes de mieux structurer leurs initiatives et de passer d’une simple idée à un projet réfléchi et réalisable.

Au moment de recevoir les fonds, son conseil est toutefois clair : les bénéficiaires doivent utiliser à bon escient le montant mis à leur disposition. Ces 200 dollars, insiste l’économiste, ne doivent pas être considérés comme une simple aide financière, mais comme un capital destiné à lancer ou à consolider une activité.

 Cette opportunité peut changer notre vie

À mesure que les bénéficiaires prennent la parole, le caractère concret de l’initiative apparaît. Pour certains, le financement signifie l’achat d’une machine à coudre. Pour d’autres, le démarrage immédiat d’un petit commerce. Tous parlent cependant d’une même ambition : transformer une opportunité en moyen d’améliorer leur quotidien.

Olibri Dayana, 28 ans, de Delmas 31, sait déjà comment elle compte utiliser son financement. Son projet porte sur la vente d’œufs en gros et au détail.

« Mon projet se concentrait sur la vente d’œufs en gros et en détail. Je vais me lancer rapidement. Je dis merci à ODELPA de m’avoir offert cette opportunité », affirme-t-elle, le visage illuminé par l’émotion.

Elle invite au passage d’autres jeunes à ne pas laisser passer les occasions qui peuvent leur permettre d’améliorer leur situation.

Du côté du Village de la Renaissance, Mary Katch Jean-Pierre, 20 ans, voit dans cette aide la possibilité de franchir un cap dans son apprentissage de la coupe et couture. Lorsqu’elle a appris qu’elle figurait parmi les 25 bénéficiaires, elle dit avoir ressenti une immense satisfaction.

« Le jour où j’ai appris que je faisais partie des 25 bénéficiaires, j’étais tellement contente. J’avais une forte fièvre et des courbatures ce jour-là. Après avoir appris la nouvelle, toute la maladie s’est envolée d’un coup », raconte-t-elle.

Son projet est précis : utiliser le financement pour acheter une machine à coudre et poursuivre son ambition de devenir une couturière professionnelle.

Même objectif pour Océan Eddy, 26 ans, originaire de Lizon, dans la Plaine du Cul-de-Sac. Après avoir appris à confectionner notamment des vêtements de trois pièces, il veut désormais disposer de son propre matériel pour renforcer ses compétences.

« Cela serait un atout pour nous. Nous allons nous procurer notre machine à coudre afin de renforcer notre capacité dans ce domaine », explique-t-il.

La cérémonie s’achève par la signature des contrats, la remise des montants et une photo souvenir réunissant les bénéficiaires. Les sourires sont toujours là, mais l’heure n’est plus seulement à la célébration.

Pour ces 25 jeunes, le véritable rendez-vous commence maintenant. Les 200 dollars reçus devront devenir une activité, cette activité devra générer des revenus et ces revenus, à leur tour, vont contribuer à améliorer les conditions de vie de leurs familles et de leurs communautés.

Une première étape est donc franchie. Le reste de l’histoire, lui, s’écrira sur le terrain.

Louiny FONTAL

fontallouiny1980@gmail.com

 

 

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