VBG : des professionnels du cinéma formés au plaidoyer par le court métrage

Delmas, 6 septembre 2026. Et si un court métrage pouvait faire plus que raconter une histoire ? Et s’il pouvait déconstruire un préjugé, provoquer une conversation, changer un regard et, peut-être, contribuer à prévenir une violence ? C’est autour de cette conviction que 12 professionnels du cinéma et de l’a udiovisuel, dont 4 femmes et 8 hommes, se sont réunis au local de la Fédération Haïtienne des Associations de Medias et de Journalistes pour la Défense des Droits Humains (FHAMEJOUDDH), à Delmas 33, pour une séance de plaidoyer consacrée à la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) par le court métrage.

Organisée avec Alpha Production, dans le cadre du projet Impact 3/WPHF/ONU Femmes Haïti, avec l’appui technique d’ODELPA, l’initiative portée par la FHAMEJOUDDH entend déplacer le plaidoyer vers un terrain particulièrement puissant : celui de l’image, du récit et de l’émotion. Le rapport de réalisation, intégré à un dossier de 112 pages, documente cette démarche, depuis les objectifs et la méthodologie jusqu’aux résultats, recommandations et perspectives.

Douze professionnels, une même responsabilité

Réalisateurs, scénaristes, producteurs, techniciens audiovisuels, comédiens et créateurs de contenus figuraient parmi les participants. Quatre femmes et huit hommes ont pris part aux échanges. Si cette composition révèle encore une présence masculine majoritaire dans le secteur, elle a surtout permis d’ouvrir une réflexion sur la responsabilité des créateurs dans la construction des représentations sociales.

La journée a commencé par une mise en contexte des VBG et s’est poursuivie avec des sessions consacrées aux différentes formes de violence, au cinéma comme outil de transformation sociale, ainsi qu’à l’analyse d’un court métrage de sensibilisation. Un panel animé par Achlaie Cheslande Elorie Désinor, gestionnaire et Louiny Fontal, journaliste, a ensuite placé au centre des débats une question essentielle : quel rôle le cinéma peut-il jouer dans la prévention des VBG et la promotion des droits des femmes et des filles ?

L’un des moments forts de l’activité a été le travail pratique consacré à l’élaboration d’idées de courts métrages sur les VBG, suivi d’une restitution collective. L’objectif n’était donc pas simplement de parler de violences, mais de réfléchir à la manière de raconter autrement, avec une approche sensible au genre, respectueuse des survivantes et capable de toucher différents publics.

Selon le rapport, les participants ont renforcé leurs connaissances sur les VBG, leur compréhension du plaidoyer audiovisuel et leurs compétences en matière de narration sensible au genre. Ils ont également identifié des stratégies permettant d’utiliser le cinéma pour sensibiliser et favoriser le changement social.

Le véritable film commence maintenant

La rencontre ne s’est pas arrêtée à la salle de formation. Les participants ont formulé cinq recommandations, parmi lesquelles le développement de formations spécialisées, le soutien à la production de courts métrages sur les droits des femmes et le renforcement des collaborations entre professionnels du cinéma et organisations de défense des droits humains.

Les prochaines étapes envisagées sont ambitieuses : développer des projets de courts métrages sur les VBG, organiser des projections-débats communautaires, produire des contenus consacrés aux droits des femmes et des filles et créer un réseau de professionnels engagés.

Car au fond, le message de cette activité est simple : une caméra peut filmer une violence, mais elle peut aussi filmer le changement. À condition de choisir ce qu’elle raconte, comment elle le raconte et surtout, pour qui elle le raconte.

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