Pétion-Ville, 30 août 2026. — Dix jeunes boursiers de la Fédération haïtienne des associations de médias et de journalistes pour la défense des droits humains (FHAMEJOUDDH) ont reçu, ce dimanche 30 août, leur diplôme en journalisme multimédia, au terme de dix-huit mois de formation.
La cérémonie, empreinte de fierté et d’émotion, s’est déroulée en présence de dignitaires, de membres du corps professoral, du staff administratif du Centre d’animation, d’éducation et de formation d’Haïti (CAEFH), qui a assuré la mise en œuvre de la formation, ainsi que de parents, proches et invités.
Une nouvelle page s’est ainsi écrite dans la vie de ces jeunes. Ils étaient une vingtaine à avoir commencé l’aventure. Dix seulement sont allés jusqu’au bout.
Dix-huit mois plus tôt, ils étaient venus avec des rêves, des ambitions et des parcours différents. Ils repartent aujourd’hui avec un diplôme, des compétences professionnelles et une responsabilité nouvelle: celle de mettre leur savoir-faire au service de l’information et de leurs communautés.
Une cérémonie entre émotion, culture et symboles
La cérémonie avait tout d’un grand rendez-vous. Musique. Slam. Chorégraphies. Sketch. Chants. Discours. Mais surtout, beaucoup d’émotion.
Dès l’ouverture, les récipiendaires ont donné le ton avec leur entrée solennelle. L’hymne national a été précédé de l’Hymne à la Jeunesse et de celui du CAEFH.
Puis est venu le sketch « 24 heures dans une salle de nouvelles », interprété avec talent par certains récipiendaires. Avec humour et réalisme, cette prestation a permis de revivre quelques-unes des situations auxquelles un journaliste peut être confronté dans une salle de rédaction et, plus largement, une partie du chemin parcouru par ces jeunes durant leur formation.
Le moment académique a ensuite occupé une place centrale : appel des diplômés, remise des diplômes, chant de reconnaissance, prestation du serment des gradués et, enfin, passation du flambeau.
Un geste hautement symbolique par lequel la promotion sortante a transmis à la relève une flamme représentant la connaissance, le courage, l’engagement et la responsabilité attachée à l’exercice du journalisme.
Un appel à un journalisme au service de la communauté
Dans son intervention, le président du Forum de la société civile, Dr Fritz Moïse, a salué l’initiative et insisté sur l’importance d’investir dans la formation des jeunes.
Il a également réaffirmé la disponibilité du Forum à accompagner ses organisations membres, dont la FHAMEJOUDDH, dans leurs efforts visant à faire émerger une nouvelle génération de professionnels conscients de leurs responsabilités envers la société et leurs communautés.
Pour le Dr Moïse, le journaliste ne peut se limiter à rapporter les événements. Dans une société confrontée à de nombreux défis, il doit aussi contribuer, par la qualité de son travail, à la protection des droits humains, à la circulation d’une information fiable et au renforcement de la citoyenneté.
Le parrain de la promotion, Louiny Fontal, journaliste comptant plus de vingt ans d’expérience dans la presse parlée, écrite, télévisée et en ligne, a, pour sa part, invité les nouveaux professionnels à considérer le journalisme comme une responsabilité avant d’être une profession. Informer. Vérifier. Questionner. Servir. Mais aussi respecter et défendre la dignité humaine.
Des conseils particulièrement significatifs pour ces dix jeunes que le parrain connaît bien, ayant lui-même assuré certains modules de la formation et accompagné les étudiants durant leur parcours.
Je porte des rêves
L’un des moments les plus forts de la cérémonie est venu de Stéphanie Mentor, lauréate de la promotion. Son parcours donne un sens particulier au nom Métanoïa, qui renvoie à une transformation profonde. Jeune déplacée interne vivant encore dans un quartier sensible, Stéphanie a choisi de ne pas laisser les circonstances définir son avenir.
« Je porte des rêves. Des rêves plus grands que les murs qui m’entourent », a-t-elle lancé devant l’assistance.
La phrase a résonné dans la salle comme un cri d’espoir. Son parcours illustre, à lui seul, le sens de cette formation : transformer une situation de vulnérabilité en une occasion d’apprentissage, de construction personnelle et de préparation à l’avenir.
Au cours de sa formation, Stéphanie a également effectué un stage de quatre mois à l’Initiative de la Société Civile (ISC), où elle a notamment travaillé à partir de brèves issues du monitoring des médias. Cette expérience lui a permis de se confronter davantage aux exigences du métier et de mieux comprendre le rôle que peut jouer le journaliste dans la société.
Pour elle, le journaliste ne doit pas seulement rapporter ce qui se passe. Il doit observer. Poser des questions. Vérifier. Donner du sens. Et surtout, porter des voix.
La directrice du CAEFH, Mme Charline Joseph, a également mis en lumière le rôle déterminant du partenariat avec la FHAMEJOUDDH dans la réalisation de cette formation.
Grâce aux bourses offertes par la Fédération, ces jeunes ont pu bénéficier gratuitement d’une formation en journalisme multimédia durant dix-huit mois.
Pour le CAEFH, cette initiative s’inscrit dans une vision plus large : faire de la formation professionnelle un véritable outil d’autonomisation des jeunes et de développement des communautés.
Depuis 2023, le centre forme des jeunes dans plusieurs domaines, notamment la cosmétologie, la cuisine et la pâtisserie, l’onglerie et le journalisme multimédia, tout en proposant également des séances de courte durée en leadership féminin, développement personnel et orientation professionnelle.
Dans la communauté de Delmas, particulièrement à Delmas 33, le CAEFH accompagne également des jeunes filles déplacées internes, dont certaines ont participé à la cérémonie.
Une fin qui ouvre un nouveau commencement
La cérémonie s’est poursuivie dans une ambiance fraternelle avec les photos officielles, les félicitations et les échanges entre les familles, les professeurs, les diplômés et les invités d’honneur. Un cocktail a ensuite réuni les participants.
Métanoïa est désormais une histoire. Mais surtout, elle est un commencement. Ces dix jeunes repartent avec un diplôme, mais également avec des compétences, des souvenirs et une responsabilité. Celle de faire vivre un journalisme fondé sur la vérité, la rigueur, l’éthique, la déontologie et le respect de l’humain.
Après dix-huit mois de formation, ils ne sont plus simplement des jeunes qui rêvaient de devenir journalistes. Ils sont désormais des professionnels appelés à faire leurs premiers pas dans un métier dont la société attend beaucoup.
À eux maintenant de transformer leurs connaissances en compétences, leurs compétences en engagement et leur engagement en service pour leurs communautés.
Achlaie Cheslande Elorie Desinor
achlaieeloried14@gmail.com

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