Gonaïves sous les eaux: un mort et près de 25 000 maisons inondées après les fortes pluies

Une personne a perdu la vie et 24 969 maisons ont été inondées aux Gonaïves, selon le bilan présenté jeudi 3 septembre 2026 par le cartel municipal de la ville. Ce bilan fait suite aux fortes pluies qui se sont abattues sur la cité de l’Indépendance dans la nuit du 1er au 2 septembre. Plusieurs quartiers restent durement affectés, tandis que des milliers de familles doivent faire face aux conséquences des inondations.

Les eaux ont notamment envahi Bienac, la rue Christophe et K-Soleil, où les conditions de circulation sont devenues particulièrement difficiles. Dans plusieurs secteurs, les habitants peinent à se déplacer et à vaquer à leurs activités quotidiennes.

L’ampleur des inondations a également touché des infrastructures publiques. La prison civile des Gonaïves a notamment été envahie par les eaux, témoignant de la gravité de la situation.

Cette nouvelle catastrophe survient environ deux semaines après la visite d’une délégation gouvernementale aux Gonaïves, comprenant notamment le ministre des Travaux publics et celui de l’Environnement. Cette visite avait suscité des attentes au sein de la population, notamment autour des mesures devant permettre de réduire la vulnérabilité de la ville face aux inondations.

Mais après ces nouvelles pluies et les dégâts enregistrés, une question revient avec insistance chez plusieurs acteurs locaux : quels résultats concrets après cette visite ministérielle ?

La question est d’autant plus préoccupante que près de 25 000 maisons ont été touchées et qu’une personne a déjà perdu la vie. Pour plusieurs acteurs locaux, la répétition des inondations démontre l’urgence de mettre en œuvre des solutions durables capables de protéger les populations et les infrastructures.

La situation relance également le débat sur l’efficacité des interventions publiques et sur les mesures de prévention mises en place pour faire face aux risques d’inondation dans cette ville particulièrement vulnérable.

Des mesures annoncées par les autorités municipales

Face à l’urgence, les autorités municipales annoncent avoir pris des dispositions pour venir en aide aux populations affectées.

La présidente de la commission municipale, l’ingénieure Gina JEANTY, s’exprimant au nom du conseil, a indiqué que des mesures avaient déjà été prises afin d’accompagner les personnes touchées par les inondations.

Les autorités locales appellent toutefois la population à rester particulièrement prudente. Elles invitent les habitants des zones affectées à suivre les consignes de sécurité et à demeurer vigilants face aux risques persistants.

Alors que les opérations d’accompagnement se mettent en place, la situation demeure préoccupante dans plusieurs quartiers. Les besoins des familles affectées restent importants, notamment dans les zones où les eaux ont perturbé les déplacements et les activités quotidiennes.

Pour les autorités municipales, la priorité est désormais de répondre aux besoins urgents de la population tout en prévenant d’éventuels nouveaux dégâts liés aux conditions météorologiques.

Gonaïves, une ville hantée par les grandes catastrophes

Ces nouvelles inondations ravivent de douloureux souvenirs dans une ville qui a déjà payé un lourd tribut aux catastrophes hydrométéorologiques.

En septembre 2004, il y a 22 ans, le passage de la tempête tropicale Jeanne avait provoqué une catastrophe sans précédent aux Gonaïves. Les eaux avaient submergé une grande partie de la ville et les glissements de terrain avaient aggravé les destructions. Le bilan national avait dépassé 3 000 morts, dont 2 826 aux Gonaïves.

Quatre ans plus tard, en septembre 2008, la ville a de nouveau été frappée par de graves inondations provoquées notamment par la tempête tropicale Hanna, alors qu’Haïti venait déjà d’être durement touchée par d’autres phénomènes météorologiques. Le bilan de Hanna s’est finalement élevé à 529 morts en Haïti, la majorité des victimes ayant été enregistrées dans la région des Gonaïves. Le 5 septembre 2008, 495 corps avaient déjà été retrouvés dans la ville.

Dix-huit ans après cette tragédie de 2008 et vingt-deux ans après le passage meurtrier de Jeanne, les images de rues transformées en cours d’eau et de maisons envahies par les eaux rappellent une réalité persistante : les Gonaïves demeurent extrêmement vulnérables aux inondations.

La question n’est donc plus seulement de savoir comment porter secours aux victimes après chaque catastrophe, mais aussi de savoir quelles mesures structurelles et durables seront enfin mises en œuvre pour empêcher que l’histoire ne se répète.

Rédaction : Gesnerson DERISTIN

 

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*