Pétion-Ville, le 3 août 2026. Renforcer les capacités de surveillance de la qualité de l’eau afin de mieux protéger les populations exposées aux risques de contamination, en particulier les enfants et les jeunes en milieu scolaire. Tel est l’objectif poursuivi par l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), qui a remis un lot d’équipements spécialisés à la Direction nationale de l’eau potable et de l’assainissement (DINEPA). La cérémonie s’est tenue le lundi 3 août 2026 dans les locaux de l’UNESCO, à Montagne Noire, Pétion-Ville.

Cette initiative intervient dans un contexte où les effets des changements climatiques fragilisent les ressources en eau dans plusieurs régions d’Haïti. Les départements de la Grand’ Anse, du Sud et du Nord figurent parmi les plus exposés aux pluies torrentielles, aux tempêtes et aux ouragans, des phénomènes susceptibles de contaminer les sources d’approvisionnement et les nappes phréatiques.
Pour l’UNESCO, la réponse ne peut se limiter aux interventions d’urgence après une catastrophe. Elle passe également par le renforcement des capacités de surveillance, afin de détecter rapidement toute contamination et de permettre aux autorités compétentes d’agir sans délai.
C’est dans cette perspective que l’UNESCO consolide son partenariat avec la DINEPA et l’Université de Limonade. Cette dernière intervient dans les analyses chimiques de l’eau, tandis que la DINEPA assure les évaluations bactériologiques. Cette complémentarité vise à produire des données fiables pour orienter les décisions et mieux protéger les communautés, notamment les établissements scolaires.
Jean Luc Tondreau, représentant de l’UNESCO lors de la cérémonie, a rappelé que la protection des ressources en eau constitue un enjeu majeur face à l’intensification des aléas climatiques.
« Dans un contexte d’accélération des aléas naturels, il est d’une importance vitale de préserver nos ressources », a-t-il déclaré.

Selon lui, les épisodes météorologiques extrêmes perturbent régulièrement les systèmes d’approvisionnement en eau dans plusieurs régions du pays, faisant de l’accès à une eau de qualité une priorité de santé publique.
« L’accès à une eau sanitaire devient un enjeu de santé publique de premier plan », a-t-il souligné.
Cette action s’inscrit dans le projet de réponse multisectorielle aux risques multiples mis en œuvre par l’UNESCO, avec le financement du Gouvernement du Japon et l’appui du Fonds d’urgence du secteur des sciences exactes et naturelles de l’Organisation.
Au-delà de cette remise d’équipements, l’initiative traduit la volonté de l’UNESCO de mettre la science au service du développement durable et de la résilience des communautés.
« L’engagement de l’UNESCO aux côtés d’Haïti s’inscrit pleinement dans la vision de la science au service de la paix et de la réalisation des Objectifs de développement durable fixés par l’Agenda 2030 », a déclaré le représentant de l’Organisation.
Des outils d’analyse directement utilisables sur le terrain
Au cours de la cérémonie, Guerda Élisée, responsable de la qualité de l’eau à la DINEPA, a présenté les équipements remis à l’institution. Destinés aux équipes techniques, ils permettront d’effectuer des analyses directement sur les sites d’intervention, sans dépendre systématiquement des laboratoires.

Le lot comprend notamment un mini-laboratoire mobile, une mini-imprimante, des réactifs ainsi que plusieurs instruments de mesure permettant d’identifier certains paramètres, notamment la présence de fer, le taux de chlore et différents indicateurs de qualité de l’eau.
Grâce à ces dispositifs, les techniciens pourront obtenir des résultats en temps réel, évaluer rapidement les risques et, si nécessaire, recommander des mesures correctives afin de sécuriser l’eau destinée à la consommation.
Cette capacité d’intervention rapide revêt une importance particulière dans les zones rurales, les communautés éloignées et les établissements scolaires, où l’accès aux infrastructures de laboratoire demeure souvent limité.
Une collaboration appelée à se renforcer
Pour Edwige Petit, Coordonnatrice générale de la DINEPA, cette remise d’équipements marque une nouvelle étape dans les relations entre les deux institutions. Elle rappelle que l’UNESCO et la DINEPA collaborent depuis plusieurs années, notamment à travers les OREPA, mais que ce partenariat bénéficie désormais d’un cadre institutionnel plus structuré.
« La DINEPA est heureuse de l’officialisation des premiers pas des partenariats déjà existants entre les deux institutions », a-t-elle déclaré.

La responsable souligne que, si les analyses en laboratoire demeurent indispensables pour les examens approfondis, certaines situations exigent des évaluations immédiates directement sur le terrain afin d’orienter rapidement les interventions.
« Parfois, il est impératif de faire des analyses sur le terrain en vue d’évaluer la qualité de l’eau disponible dans la nature et au niveau des ressources exploitées, et de prendre des mesures adéquates », a-t-elle expliqué.
Selon la Coordonnatrice générale, les populations vivant en milieu rural ainsi que les élèves des établissements scolaires figurent parmi les premiers bénéficiaires de ce renforcement des capacités opérationnelles.
En conclusion, la DINEPA a salué l’engagement de l’UNESCO en faveur du développement du secteur de l’eau potable et de l’assainissement.
« La DINEPA remercie l’UNESCO pour cette collaboration et son engagement à participer au développement du secteur dans l’objectif d’un accès universel à l’eau potable et à l’assainissement pour toute la population haïtienne », a conclu Edwige Petit.

Si cette remise d’équipements ne saurait, à elle seule, répondre à l’ensemble des défis auxquels le secteur de l’eau est confronté en Haïti, elle constitue un renforcement concret des capacités de la DINEPA pour assurer un meilleur suivi de la qualité de l’eau et contribuer à la protection des populations les plus vulnérables.
PauldinhioWoodlor JOSEPH
Journaliste multimédia
Étudiant en relations internationales

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